Joann Wolfgang Goethe.

Avenue de la Liberté.

Cet écrivain allemand qui aimait trop la cuisine française.

J._Goethe_.jpgIl admirait Jean-Jacques Rousseau.
Il aimait le pain blanc et les cuvées de Champagne.
Et par-dessus tout La Liberté

# Ecrits de Wolfgang Goethe:
Kampagne in Frankreich 1792 (Texte original en allemand)
Die Leiden des jungen Werthers (Texte original en allemand)


Son pied droit vers l'avant, le bâton de marcheur dans sa main droite! Pour aller où ? En face de la cité, tout droit vers les boulevards au hasard des rencontres du temps, porté par les ballottements de l'histoire des pays européens. Sur la terre ferme! En bateau!

" Les habitants de Strasbourg sont des marcheurs passionnés et ils ont raison de l'être. De quelques côtés que l'on dirige ses pas, on trouve des lieux de plaisance soit naturels, soit disposés avec art à des époques plus ou moins reculées, plus ou moins récentes."

On suit ce personnage singulier, ce jeune étudiant allemand de vingt ans, au passé, au présent, qui observe les mouvements de l'histoire sur son piédestal de pierres blanches, un peu hautain, avec sa fierté aristocratique des salons impériaux de l'hôtel de ville de Frankfort que présidait son aïeul, une chaîne d'or autour du cou, assis sur le trône sous le portrait de l'empereur et; le soir venu; s'affairait dans son jardin à tailler les rosiers. Grandeur et simplicité! Serviteur exemplaire de l'état impérial! Artisan citoyen de la cité! Une heureuse image qui pouvait satisfaire Jean-Jacques Rousseau cet intrus de la littérature française du XVIIIe siècle
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Marseillaise .jpg Marche lente pour mieux s'emparer de l'histoire entre la pierre taillée et sculptée au carrefour des avenues d'un plan d'urbanisme strasbourgeois tracé dans ses lignes grandiloquentes au pied de la statue de l'écrivain allemand Johann Wolfgang Von Goethe , raide et solitaire. Il fixe inlassablement le temps, le regard vers la cité qui a marqué sa jeunesse d'étudiant en 1771. De là , plus à gauche, l'Europe raconte les récits de l'histoire en passant par l'Avenue de la Marseillaise qui rappelle le chant révolutionnaire français composé à quelques mètres d'ici par Rouget De Lisle en 1792, tel un cri violent d'un peuple qui exprimait sa colère d'une France aux abois, déchirée, tout pouvoir contesté, affaibli, maltraité et que Jean-Jacques Rousseau décrivait avec lucidité en 1762.

" Vous vous fiez à l'ordre actuel de la société sans songer que cet ordre est sujet à des révolutions irréversibles et qu'il vous est impossible de prévoir ni de prévenir celle qui peut regarder vos enfants. Le grand devient petit, le riche devient pauvre, le monarque devient sujet. Les coups du sort sont-ils si rares que vous puissiez compter d'un être exempt ? Nous approchons de l'état de crise et du siècle de révolution."
Et il ajoutait:
" Je tiens pour impossible que la grande monarchie de l'Europe n'eut encore longtemps à durer. Toutes ont brillé et tout état qui brille est sur son déclin. J'ai de mon opinion des raisons plus particulières que cette maxime, mais il n'est pas à propos de les dire et chacun ne les voit que trop. "

Oh, quel homme extraordinaire! s'écriait quelques années plus tard Goethe après ses études à l'université de Strasbourg, devenu un familier des cercles privés de Frankfort, Mayence, Coblence et Leipzig. Là se discutaient les affaires d'état, se partageaient les idées nouvelles. On lisait les lettres de personnages connus.
" Les lettres de Julie Bondelli étaient fort estimées; elle avait de la réputation comme femme d'esprit et de mérite et comme amie de Rousseau. Quiconque avait eu quelques relations avec cet homme extraordinaire était éclairé d'un rayon de sa gloire et une communauté secrète était au loin répandue à l'abri de son nom." (Coblence chez Mme De La Roche)
Johann Wolfgang Goethe s'emballait avec excès. Il redessinait alors avec passion les frontières de l'Europe et du monde. - A partir d'aujourd'hui, d'ici, commence une nouvelle époque de l'histoire mondiale.-

Liberté .jpg

Emballement d'un écrivain sensible, passionné. Aujourd'hui sur son socle de pierre, Johann Wolfgang Von Goethe fixe son destin à l'entrée de l'Avenue de La LIBERTE. Hier derrière les lignes de combat sur les terrains inconnus de Champagne, direction Paris. C'était le 18 septembre 1792.
" La nuit tombait. Ni la lune, ni les étoiles n'illuminaient le ciel. Un vent désagréable sifflait. Dans la nuit opaque le mouvement lent d'une importante colonne humaine avait quelque chose de singulier. "
Un monde nouveau avançait dont j'apprends à jouir en pleine liberté. Ah, ce mot, ce sentiment, cet idéal, cette nouvelle société promise! La LIBERTE! Cette liberté à quelques longueurs plus loin au carrefour de l'avenue dans l'élan enthousiaste de l'alsacien et révolutionnaire Kellermann, duc de Valmy, en bronze sur son socle, commandant de la Révolution française, en face d'un écrivain,reporter, d'un conseiller au service de l'électeur de Saxe-Weimar et de Frédéric II d'Allemagne.
Bataille Valmy .jpg " Kellermann occupait une place dangereuse près du moulin de Valmy. " Le corps de l'armée campait non loin d'un terrain boisé. " Rien ne présageait qu'un renfort était arrivé. C'était Kellerman qui s'était joint à Dumouriez.
Quelques jours après, octobre 1792, Wolfgang Goethe descendait le Rhin de Coblence à Düsseldorf, les pieds dans l'eau, trempé, transi, dans une vieille barque louée par un guide un peu truand qui pensait revendre son bien comme bois de chauffage.

" Moins de préceptes, plus d'exercices " avait répété Jean-Jacques Rousseau qui vilipendait les philosophes inutiles. Cette pensée mérite bien, encore et toujours, de larges instants de réflexion, car la liberté de l'être peut finir en naufrage sans un guide sûr et éclairé.

Fait à Strasbourg le 10 septembre 2012.

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