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DOCUMENT - Le récit fantastique de trois collégiennes de la classe de 4e.


L'Ombre d'un Message..

En arrivant en cours de dessin je m'installais à mon établi. Nous devions dessiner un tableau représentant la tristesse. Trois matériaux s'offraient à nous: le fusain, la craie grasse et la peinture. Mon idée était de dessiner une jeune fille pleurant sur un ponton. le pont
Après une heure et demie de travail mon dessin était terminé, malgré mon retard. En sortant du cours j'allais me promener en ville avec mon meilleur ami Thibaut. Il a toujours été de mon côté. C'était une source de confiance pour moi surtout après la mort de mon père, il y a cinq ans. Depuis son décès nos deux familles avaient eu l'idée de déménager à Paris, une ville dense mais belle dans son genre. Il a été difficile pour moi de m'y intégrer au départ, mais, avec l'aide de Thibaut, j'y suis parvenue. Après une heure de marche en ville nous sommes rentrés tous les deux à la maison. Ma mère n'était pas encore rentrée: une habitude presque normale pour elle. Elle travaillait pour le journal télévisé de TF1. Je la trouvais assez hypocrite et méchante avec tout le monde, particulièrement depuis la mort de mon père , comme si elle en voulait au monde entier. C'était une femme d'affaires très sérieuse dans son travail, s'investissant tellement qu'elle m'oubliait peu à peu.

le muséeAprès avoir fini mes devoirs, l'envie de crayonner une scène lugubre me vint à l'esprit. C'était une salle dans un musée assez sombre. Des ombres se profilaient au fond de la pièce. Une jeune fille se tenait au milieu. Elle avait l'air effrayée par la scène qui apparaissait devant elle. Quand ma mère rentra, je m'empressai de ranger mes esquisses sous le canapé. C'était le seul endroit où elle ne les trouvera jamais.

Le lendemain matin, je fus à l'heure au lycée. Mme Gelu, notre professeur principal, nous annonça une sortie au musée prévue dans deux jours. A la fin du cours, je décidai de me changer les idées en allant faire un tour près du lac. Mais en passant devant le ponton quelque chose me choqua. ELLE était assise pleurant de toutes ses larmes, comme le décrivait mon premier dessin de la veille. le ponton Je voulus m'approcher mais en faisant un pas, elle s'évanouit. Etait-ce une illusion ou une simple fatigue de ma part? Je plissais les yeux quelques secondes et je continuais ma route.

De retour à la maison je m'installais dans mon canapé et je terminais mon dessin de la veille. Ma mère n'était toujours pas rentrée. Alors je commençais un nouveau dessin. L'inspiration me vint sans aucune aide. En une heure il était déjà fini. C'était une forêt assez éclairée. Au centre du dessin se trouvait un homme recroquevillé sur lui-même agonisant. Sa femme à ses côtés implorait le ciel.
la forêt Deux jours plus tard, Madame Gelu et le professeur de dessin nous emmenèrent au musée du Louvre. Dès l'entrée, des centaines de tableux s'offraient à nous. Mais l'un d'eux m'intrigua plus que les autres. Il était étrangement identique à celui que j'avais dessiné chez moi. D'un coup, les personnages du tableau s'animèrent et plus on approchait l'oreille plus on entendait les pleurs de la femme. J'étais ébahie par la scène et je tendais ma main vers le tableau. le tableau La femme se tourna vers moi et son mari disparut. Elle ressemblait étrangement à ma mère. Je fermais les yeux quelques instants avant de les rouvrir. Mais la femme n'était plus là. J'étais choquée, bouleversée mais surtout heurtée par cette scène.

J'essayais de continuer ma visite en tendant d'oublier ce qui venait de se passer. Partout je cherchais Thibaut qui restait introuvable. Je fus très inquiète depuis ces histoires de tableaux et de dessins. Je pris peur. Sans tarder je me lançai à sa recherche. En m'engouffrant dans les différentes pièces du musée je les voyais s'assombrir au fur et à mesure. Un coup de vent fit claquer la porte donnant au sous-sol. Elle s'ouvrit. Curieuse, je m'aventurais tout en bas des escaliers où je découvris une collection de tableaux entassés et, devant moi, une ombre sortie de nulle part. Elle s'avança doucement vers moi. Je fus terrorisée et en reculant je tombai dans un carton.
le peintre
L'ombre s'approcha, comme si elle voulut me confier quelque chose. J'étais complètement horrifiée par ce que je voyais. Sa main avançait dangereusement vers mon visage. L'ombre murmurait quelques mots incompréhensibles qui s'adressaient à moi. Etrangement, elle prenait peu à peu la forme humaine. En la regardant de plus près, j'ai cru reconnaître mon père de qui je gardais un souvenir lointain et flou. Je regardais un moment autour de moi et je vis apparaître une vieille feuille de papier. Je la pris et la lui redonnai avec un stylo que je sortais de ma poche. Il me la rendit, puis disparut quelques instants après. Sur la feuille étaient écrits deux mots: AIDE LA!
J'étais tétanisée, encore prisonnière du carton, mais complètement tétanisée. Je tremblais comme une feuille. Mon esprit s'embrouillait. En resortant de la pièce Thibaut était là, sûrement témoin de la scène. Je sautai dans ses bras, essayant de contrôler mon émotion. Alors il me chuchota quelques mots à l'oreille: " Ta mère m'a appelé pour me dire qu'elle vient d'être emmenée à l'hôpital. Elle a eu un accident de voiture.
En entendant cela, je ne pouvais plus contenir mes émotions. Je ne comprenais plus rien. Le monde s'était arrêté de tourner. Mon coeur ne battait plus. Je restais encore marquée par les dernières paroles, par les tableaux, par cette ombre. Je me sentais perdue. J'avais peur. J'étais glacée d'effroi. Etait-ce un cauchemar? Une réalité? Les doutes envahissaient mon esprit. Qui était cette ombre? Qui voulait-elle que j'aide? Etait-ce vraiment mon père? Rien ne sera jamais sûr! Je resterai à jamais dans le doute.

Mois de mai 2010 - Collégiennes: Perrine S. - Océana C. - Dounia B. COMMENTEZ! MERCI!
Tableaux de maîtres : PICASSO - P Cézanne - TURNER

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