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lundi 14 octobre 2019

LIRE UN JOUR D'ETE - NIETZSCHE


 Dans la cité Un jour .jpg
L'auteur couvre l'histoire européenne de 1844 à 1900. Fils d'un pasteur protestant et d'une mère fille de pasteur il accepte un poste de philosophie à l'université de Bâle en février 1869.
En 1873 il ressent les premiers symptômes d'une grave maladie.

Ses prises de position ont bouleversé les esprits et se retrouvent dans les actualités du monde actuel. Il est temps d'en savoir plus pour éviter les graves erreurs du passé. Cinq étapes peuvent aider à mieux comprendre son discours.

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jeudi 13 septembre 2018

RETOUR A LEMBERG - PHILIPPE SANDS

RETOUR À LEMBERG - LES SECRETS DE PHILIPPE SANDS

EN RECONNAISSANCE à PERRINE STEINBERGER..

Ce ne sont pas les trépassés qui viennent hanter, mais les lacunes laissées en nous par les secrets des autres. > > Nicolas Abraham et Maria Torok

_Europe_Ukraine_.jpg Ukraine - le feu des barricades 2014

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dimanche 15 avril 2018

DISPARITION DE JOSEPH MENGELE

LA TRAQUE DE L'HORREUR - DISPARITION DE JOSEPH MENGELE - OLIVIER GUEZ

# - Méfiance, l'homme est une créature malléable, il faut se méfier des hommes Olivier GUEZ
Mengele, ou l'histoire d'un homme sans scrupules à l'âme verrouillée, que percute une idéologie venimeuse et mortifère dans une société bouleversée par l'irruption de la modernité. Elle n'a aucune difficulté à séduire le jeune médecin ambitieux, à abuser de ses penchants médiocres, la vanité, la jalousie, l'argent, jusqu'à l'inciter à commettre des crimes abjectes et à les justifier. Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s'étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s'éclipse et des hommes reviennent propager le mal.
Olivier GUEZ %

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vendredi 2 mars 2018

PETIT PAYS - GAËL FAYE


Arbre en fleurs .jpg
L'humanité est plus fragile qu'une orchidée dans le désert

Le Burundi, refuge d'une forte population "tutsi" venue du Rwanda après l'indépendance en 1961, apparaît vite comme un mirage de paix rattrapé par des luttes tribales qui n'ont cessé d'alimenter la politique rwandaise encouragée par des intérêts divers et des manipulations multiples dans un pays au bord du chaos;
En 1994 c'est l'horreur et le génocide programmé des citoyens tutsis .

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samedi 27 janvier 2018

UNE BOUCHE SANS PERSONNE - G. MARCHAND

UNE BOUCHE SANS PERSONNE - GILLES MARCHAND
Editions Les Forges de Vulcain

J'AI UN POÈME ET UNE CICATRICE.
# - Un poème trop longtemps incompris recommandé un jour, début 2017, par une librairie de STRASBOURG. Le livre a été édité en 2016 par les Editions Aux Forges de Vulcain; Une parution récente ! Mais souvent la poésie ennuie, se fait obscure, renvoie à des images d'apparences indéchiffrables. On parcourt rapidement quelques pages. On décroche. On relit des lignes sans comprendre; Un poème peut être tellement mystérieux, difficile et peut paraître inutile. Ainsi l'approche d'un livre peut prendre beaucoup de temps, quelques jours, des semaines, des mois.

Le livre de GILLES MARCHAND a connu une lecture difficile avant de tomber sur la conclusion brutale à la veille de Noël 2017.
UN MOT ! - UNE SOUFFRANCE ! - - - -ORADOUR !

_Abime_.jpg Oradour honte des hommes.

Oradour honte éternelle

Nos coeurs ne s'apaiseront

Que par la pire vengeance

Haine et honte pour toujours

( Poème de Jean Tardieu cité par l'auteur )


Ce fut alors, quelques jours avant NoËl 2017

LA STUPEUR - LA TRISTESSE - LA LASSITUDE

ET

Une suite d'interrogations

Un questionnement douloureux pour un Alsacien le coeur brisé.



Hommes qu'avez-vous fait de cette horrible tragédie humaine ?
Des témoignages, rien que des témoignages ? Des cérémonies de souvenir et encore des cérémonies de souvenir ?
Et aujourd'hui, tant d'années après, la HAINE, la VENGEANCE !
Qu'avez-vous fait des Droits de l'Homme desquels on tire tant de fiertés ?
La FRANCE ne mérite-t-elle pas un Avenir plus rayonnant, plus humain ?
Ne méritons nous pas pas le Droit à la Vie, à un Avenir plus heureux ?
Les enfants, la jeunesse, la population d'ORADOUR-SUR-GLANE ne méritent-ils pas aujourd'hui la Promesse d'un Bonheur plus grand ?
Un diagnostic honnête, les soins, la guérison; N'avons-nous pas là des Droits humains inflexibles ?
L'ALSACE, ses enfants, sa jeunesse , toute sa population ont la responsabilité du Projet Européen qui doit changer nos nostalgies, nos craintes, nos douleurs. Est-ce un rêve déjà perdu ? ?
L'Allemagne, l'Europe, le Monde : Qu'en faites-vous ?
L'ALLEMAGNE, l'EUROPE , les enfants, la jeunesse, toute la population ont un DROIT à une reconnaissance, à l'estime pour la capacité humaine à surmonter un traumatisme historique très lourd.

OUI ! ! QU'AVONS-NOUS FAIT DE NOTRE PASSÉ ?
Une tombe, une gigantesque tombe pour entasser, encore, et encore, les cadavres des crimes de guerre. Nous nous contentons de silences, trop de silences, d'infâmes lâchetés.
EMMANUEL MACRON a répété le 10 Juin 2017 à Oradour Sur Glane que ce jour rappelait une sauvagerie absolue mais Que nous ne serions pas ce que nous sommes si nous ne donnions à l'autre un statut sacré. - Nous faisons de la vie de l'Autre un sanctuaire.

Sur le bureau est posé un ivre exceptionnel d'un Noël 2017 et ces mots magnifiques;
IL LE REGARDA ET L'AIMA.

Georges KAUTZMANN - STRASBOURG le 15 Janvier 2018

jeudi 22 juin 2017

LES VERTUS DE L'ECHHEC - CH. PEPIN

LES VERTUS DE L'ECHEC - CHARLES PEPIN

A L.H. et aux siens

Un livre peut être un capital inestimable, un cadeau humain précieux et souvent un appel intérieur inconnu. SI TU PEUX MÉDITER,, OBSERVER ET CONNAÎTRE ( Rudyard Kipling ) Tu peux me dire ce que tu en penses ? ? La demande est sincère, spontanée et conduit à une curiosité très forte encouragée par une jeunesse en quête de vérité dans un monde de plus en plus complexe.
Alors le livre de Charles Pépin se dimensionne dans la réalité du monde et devient interrogation passionnée, attente.

_Claudio_.jpg Les pages se succèdent en démonstration d'une thèse, une affirmation, qu'on aimerait exposer à tous les adultes, aux parents et à tous les jeunes jusqu'aux banlieues détachées de la grande cité; L'échec pour apprendre - L'échec un moyen de comprendre - L'échec une fenêtre qui s'ouvre - L'échec pour s'affirmer et, à la fin, pour connaître la vraie joie du combat, cet instant existentiel d'un jaillissement d'unn Moi retrouvé.

Ainsi Charles Pépin , diplômé de Sciences Po, d'HEC, agrégé de philosophie, chroniqueur à ses heures, étale sa boulimie intellectuelle qu'il enrichit de nombreux exemples, de penseurs célèbres, de sportifs connus, Rafael NADAL, Roger FEDERER, AGASSI, les EXPERTS DE HANDBALL, de chanteurs inscrits dans notre histoire culturelle, sans oublier les chefs de grandes entreprises de la SILLICON VALLEY aux Etats Unis ou de Jean-Christophe RUFIN , fondateur de Médecins Sans Frontières.

Cette longue liste peut être complétée par des citations régionales pour l'Alsace, celle du Racing Club de Strasbourg en liquidation judiciaire en 2011, champion de la Ligue 2 en 2017, celle de la SIG pour le basket de Strasbourg ou encore le chanteur CLAUDIO CAPEO.

Ils ont tous connu des échecs cuisants inclinés le long d'un chemin de croix d'un Jésus de Nazareth , nommé par l'auteur du livre. - Mon Dieu, Mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné ? -Mais ce doute, écrit Charles Pépin est lui aussi une leçon d'humilité, comme s'il fallait qu'il s'éloigne de sa propre divinité pour rejoindre les hommes;

_Accomplir_un_reve_.jpg

C'est fort ! C'est convaincant ! C'est courageux !
Mais un devoir de philosophie exige une contre-affirmation, une antithèse et Charles PEPIN fait référence au philosophe allemand du XVIIIe siècle, Friedrich HEGEL , pour qui un esprit a besoin de son contraire pour savoir qui il est. Alors on peut se retrouver transformer, remodeler en mieux, et, dès fois, en plus mal. Des échecs ou des réussites ne mènent pas toujours aux vertus attendues. Certains échecs peuvent conduire à des errances fatales et désespérées; Certaines réussites peuvent escalader les sommets de la folie, celle d'une tyrannie meurtrière.

Des interprétations erronées ont pu encourager ces événements terribles pour notre histoire. N'est-il pas vrai, des penseurs sérieux l'attestent, que les belles affirmations de Jean-Jacques ROUSSEAU ont eu pour conséquence les excès de la Révolution Française, que la célèbre recommandation de NIETZSCHE, Deviens ce que tu es ! a pu fermenter les horreurs du nazisme européen ? N'est-il pas vrai que le terrorisme contemporain peut apparaître comme le fruit amer d'une société qui s'est enfermée dans un immobilisme inquiétant que recouvre une chape dans un monde politique fait de contraintes, de réseaux et de langue de bois. ( Ch. Pépin ) Beaucoup d'interrogations et beaucoup de questions restent posées.
Une vie réussie c'est une vie questionnée.

_Debut_match_.jpg Il existe des réponses, des réponses d' Humilité. Dans une société qui place ses valeurs dans l'absolu du plus grand, du plus riche, du plus beau, ou encore dans une finalité de grandes performances, la réponse de ZINÉDINE ZIDANE est marquée de sérénité quand un journaliste le salue comme le plus grand entraîneur de notre temps après sa victoire en Coupe des Champions.
Nous avons tous travaillé, tous les joueurs. C'est un privilège de travailler avec ce groupe. Quand tu as un tel effectif, tout est plus facile ( le 3/06/017 )

On peut aussi s'étonner de voir le geste du joueur de rugby de Clermont qui s'était incliné devant le Président français avant le match de la finale du TOP 14 contre Toulon. De la soumission aveugle ou quelque chose de plus rayonnant qui nous vient d'ailleurs ?
Charles PEPIN n'hésite pas, pour finir ses écrits, de citer les pensées de RUDYARD KIPLING :

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

G.K. - Strasbourg le 8 Juin 2017

vendredi 17 mars 2017

SUR LES CHEMINS NOIRS - SYLVAIN TESSON

SUR LES CHEMINS NOIRS. - LE CRISTAL DU REGARD
De l'auteur . . . . . . . .

ALLER! MARCHER ! MARCHER ENCORE !
BIVOUAQUER ! S'EXTIRPER !
Se reconstruire sur les chemins noirs des plans cadastraux réservés aux bêtes sauvages. Et l'auteur s'entête à retrouver une machine physique qui l'autorisait à vivre en surchauffe avant cet accident brutal et impitoyable.

_Calade_.jpg Désormais pour sa guérison il était décidé de repartir, de traverser la France à pied de la frontière italienne jusqu'au nord du Contentin; Une très longue marche en diagonale à travers une ruralité qui pour beaucoup se figeait en malédiction, mais, pour lui, se présentait comme une thérapeudique réconfortante et bienfaisante après tant de parcours hasardeux et les exploits à courir le monde entre OULAN-BATOR' et VALPARAISO'' pour se retrouver un jour par terre le corps disloqué, les membres brisés.
De la plante je dis " c'est une plante "
De moi je dis " c'est moi "
Et je ne dis rien de plus.
Qu'y a-t-il à dire de plus ?
Les poèmes païens PESSOA

Un moi de plus en plus solitaire sur les calades de Provence ou dans les trouées de granit en Corrèze, sans cesse à la recherche d'un abri, d'une rencontre. Tels les êtres inachevés, j'avais grand goût pour les recoins. L'hyper-ruralité était mon occasion.

Une fuite qui permet à l'homme de saisir une présence en s'extirpant du dispositif. Le destin m'accordait la grâce de marcher à nouveau tout mon soûl et de dormir à la belle étoile sur les avant-postes visibles;

Aujourd'hui cet aventurier exceptionnel a trouvé refuge sur les étagères des libraires. N'hésitez pas! Allez voir sur place!

Strasbourg le 18 janvier 2017
( Document complémentaire: Le film de Safy Nebbou > Dans les forêts de SIBÉRIE )

mercredi 18 janvier 2017

LE JARDIN DE BABYLONE

LE DON DU LIBRAIRE - LE JARDIN DE BABYLONE Bernard Charbonneau ( 1969 )
Bibliothèque > > CATEGORIES - Bibliothèque Livres ( Colonne à gauche )

# - La porte reste ouverte entre deux vitrines qui exposent des livres, une multitude de livres au bord de la rue piétonne pour dse passants insoucieux d'une belle journée d'été; L'entrée conduit à l'intérieur de la librairie, un endroit étroit, encombré, désordonné d'apparence. L'incroyable caverne, celle de HANSI l'alsacien ou le capharnaüm des histoires antiques.
S'il-v-pl , un livre qui parle de notre temps !
Le jeune libraire enregistre la commande sans dire un mot. Il disparaît aussitôt au milieu des piles entassées et revient, toujours très silencieux, un livre dans sa main qu'il présente spontanément.
Peut-être la vie de SÉBASTIEN LOEB le héros de la région dans son fief natal ?
Peut-être la Fille de Brooklyn de GUILLAUME MUSSO ?
Je règle en quelques secondes d'un moment de vie sans paroles, sans aucune explication et je ressors rattrapé par une vive curiosité.

_Librairie_.jpg Quelques heures plus tard les premières pages apparaissent dans une clairière au bord du Rhin à proximité des eaux d'une gravière, calmes entre les espaces boisés d'une belle détente sous le soleil. Des mots, quelques lignes s'affichent sur une page du livre:

Le naturisme va plus loin, et prétend fournir une réponse aux problèmes de l'âge adulte. Il (le naturaliste) est nudiste, végétarien, pacifiste et anarchiste. Il est la réplique . . . .

Au bord de l'eau, tout autour, des femmes, des hommes, des enfants se baladent nus au soleil. Au milieu dse herbes traîne la couverture du livre:
LE JARDIN DE BABYLONE Bernard Charbonneau

Cet auteur resté inconnu apparaît comme un chercheur des vérités perdues qui n'hésite pas à attaquer les cimes les plus élevées loin d'un monde docile et sans paroles. Ce Béarnais critique de Jean Jacques ROUSSEAU qu'il accuse d'être à l'origine d'un lyrisme révolutionnaire de la France de 1789., Bernard CHARBONNEAU , l'homme de la nature, porte une voix forte de l'histoire humaine, celle qui s'enracine dans la terre judéo-chrétienne.

Tout peut commencer ici, au coeur même du présent, de ces contradictions qui nous déchirent: dans le coeur et l'esprit de chaque homme. Il suffirait que cet homme ouvre les yeux à la lumière et se lève devant l'éternel pour qu'il puisse arbitrer entre l'avenir et le passé. Mais si l'individu moderne a inventé en le détruisant le primitif, Dieu seul peut créer Adam;

Telle une campagne humaine reconstruite composée d'innombrables paroles de réflexion pour l'homme moderne.

G. K. - Le 22/09/2016

lundi 13 octobre 2014

LA PHILOSOPHIE - LUC FERRY


LE ROMAN DE L'INVISIBLE - La plus belle histoire de la Philosophie

Reportage_.jpg AUTEUR
Luc FERRY

PERSONNAGES DU LIVRE
Personnages choisis par l'auteur.
'
CITATIONS
Citations du livre;

LIEU
Le Forum imaginaire.


RECIT EN TROIS PARTIES.


# - Imagine ! Imaginez ! Imaginons un grand virage de béton bleu et vert qui monte, gradin par gradin, dans les hauteurs du ciel chargé de quelques magnifiques cumulus. Devant nous, une arène moderne occupée par un peuple bouillant, impatient, dans un décor reconstitué à proximité du Parlement des députés européens. Une telle possibilité peut devenir réalité à l'époque des grands montages cinématographiques et de la vidéo. Alors, voyons ce grand stade ouvert en face d'un plateau occupé par une belle table de grès rose, de quelques chaises et une jeune animatrice, debout, solennelle.
- Cher public ! MERCI ! Merci d'être venu si nombreux au forum de la Pensée. Bienvenue à vous tous. Bienvenue aux invités, à Luc FERRY, écrivain, philosophe, ancien Ministre de la République Française;
Merci d'avoir accepté l'impensable, la belle impertinence, l'amicale confrontation avec votre jeune personnage évoqué dans votre livre La Plus Belle Histoire de la Philosophie. C'est ici l'inattendue rencontre de l'Histoire ! Nous accueillons le jeune italien Jean Pic de la Mirandole. Il est né en 1463 près de Modène, passionné dès l'âge de 10 ans par les écrits des peuples anciens, hébreux, perses, grecs, des premiers textes bibliques et de la littérature arabe. Un enfant précoce, un surdoué

Un grondement admiratif parcourt une foule dense, captivée subitement par une présence magnifiée, une substance corporelle très à l'aise dans son tee-shirt illustré par un paysage des environs de Modène, son accent évoquant toutes les lumières d'Italie.
-Merci ! Merci ! Vous réalisez là mon rêve, un rêve longtemps impossible, cette rencontre avec vous, le peuple de ce monde, celui des ouvriers, des artistes, des penseurs, des savants, hommes et femmes d'ici. Merci à vous, Monsieur le Philosophe, l'écrivain Luc FERRY, qui m'honore de commentaires flatteurs m'ayant profondément touché; - C'est lui, tout simplement, dites-vous, qui va formuler pour la première fois de manière explicite, l'idée moderne de la liberté, entendue comme la capacité à s'arracher à tous les codes, à toutes les catégories de la tradition comme de la nature, une idée qui, après lui, parcourra toute la philosophie moderne et même contemporaine, puisqu'on la retrouvera chez ROUSSEAU, KANT, SARTRE et même encore chez HUSSERL et HEIDEGGER. Ce jeune homme va littéralement inventer l'humanisme moderne.-

Alors le public se lève, murmure, applaudit pendant qu'une colonne impressionnante d'une dizaine d'hommes avance sur le côté de l'arène.

Colonne_de_garde_.jpg

- Ne craignez rien! Ne craignez rien ! C'est la colonne du service d'ordre, crie avec force l'écrivain, debout au milieu des invités.
- Je ne crains rien , Monsieur le Philosophe ! J'ai construit ma force dans mon corps terrestre après avoir parcouru les livres les plus anciens, ceux des Perses, Hébreux, Grecs ou nos anciens penseurs romains et arabes; La peur n'est qu'une forme de l'ignorance; Là, je m'étonne, c'est tout. Je m'étonne de cette présence menaçante et je me demande où est votre liberté que vous revendiquez avec force ? Où est la belle Démocratie de la Liberté ? Où est ta liberté, homme de ce monde - sans place déterminée, ni un aspect qui te soit propre, ni aucun don particulier, c'est afin que la place, l'aspect, les dons que toi-même aurais souhaités, tu les aies et les possèdes selon ton voeu, à ton idée. . . . Tu pourras dégénérer en formes inférieures, qui sont bestiales; tu pourras, par décision de ton esprit, te régénérer en formes supérieures, qui sont divines

La foule réagit dans un bouillonnement de voix et de murmures de plus en plus continu.
- Amis, je ne crains rien. Je m'interroge. Je regarde votre monde , les façades brillantes mais qui semblent bien fragiles, les progrès étonnants mais sans réponses. Monsieur le Philosophe, votre civilisation se glorifie du temps détaché du Cosmos et des croyances divines, libérée des lois des religions, assurément immergée dans l'admiration des esprits de votre siècle passé et présent. Vous citez souvent le théologien allemand Emmanuel KANT qui célébrait bien après moi, trois siècles plus tard, le temps des LUMIERES, ce temps, disait-il, - de l'émancipation de l'Homme arraché hors de son immaturité dont il est responsable. Cette immaturité qui est l'incapacité de se servir de son entendement sans la conduite de quelqu'un d'autre. -
Cette belle liberté humaine, mais pour quoi faire ?
- Mirandola ! Mirandola ! L'HUMAIN, l'humain devient désormais l'unique source de légitimation du vrai, du juste, du beau et du bon; s'écrie l'auteur visiblement énervé
- D'accord ! D'accord ! Voilà une occupation bien ancienne. Mais votre Temps des Lumières n'a-t-il pas conduit à l'inhumanité, à l'immoralité même, à la liquidation des masses gênantes, aux guerres les plus atroces ?


DEUXIEME PARTIE : DESILLUSIONS

# - Sur les gradins la foule s'agite dans la lumière du jour. Les regards suivent la marche lente des agents de sécurité qui se placent en bas de l'arène. Au premier rang l'auteur se gratte la tête, embarrassé, visiblement surpris par ces voix humaines, libres, qui l'interpellent.

- Expliquez nous, Monsieur le Ministre ! Nous avons dans ce monde tant de penseurs, tant de philosophes et de savants. Vous citez dans votre livre 51 auteurs. Pourtant, nous connaissons tant de malheurs, tant d'horreurs !
- Vrai, vrai, Monsieur le Philosophe ! Ici, dans notre ville 36 philosophes et savants apparaissent en haut de la façade du palais universitaire de Strasbourg. Après 1870 ils devaient marquer la victoire du savoir et des sciences.
- C'était l'époque, quelques dizaines d'années avant les grandes guerres. Quel échec ! Vous les penseurs, vous les intellectuels n'avez-vous pas échoué en cédant à ce que vous appelez la modernité, la modernité de la mode ?

L'auteur se cabre, passe sa main dans sa longue chevelure avant de faire quelques pas vers la tribune; Avec assurance le jeune Jean PIC DE LA MIRANDOLE reprend la parole.
Philosophes_.jpg - " Réfléchissant au bien-fondé de ces assertions, de tous les savants et théologiens anciens, je n'ai pas trouvé suffisante la foule de raisons qu'avancent, en faveur d'une supériorité de la nature humaine, une foule de penseurs; L'homme, disent-ils, est un intermédiaire entre les créatures, familier des êtres supérieurs, souverain des inférieurs, interprète de la nature grâce à la faculté de ses sens , à la perspicacité de sa raison, à la lumière de son intelligence. De tels arguments sont certes de taille, mais ce ne sont pas les arguments fondamentaux, je veux dire ceux qui réclament à bon droit le privilège de la plus haute admiration. "
L'homme, je me répète, est avant tout un être libre, un créateur dans le monde. " Il pourra dégénérer en formes inférieures qui sont bestiales ou en formes supérieures qui sont divines." IL A LE CHOIX !

- I l est une évidence, le monde d'aujourd'hui choisit plus facilement la modernité de la bestialité, le choix de la bête sur l'homme ! s'écrie un spectateur.

- GRAVE ERREUR, sans doute, enchaîne l'auteur philosophe.
Grave erreur ! Vraiment, faut-il croire que nous retournons inexorablement à l'état animal? NON !
Voyez vous * le progrès des Lumières nous a fait sortir de la minorité, autrement dit de ces âges où les hommes étaient encore dans la position d'enfants soumis à dse gouvernements, mais aussi à des idéaux et à des principes sur lesquels ils n'avaient aucune prise. Bien que le processus fût encore loin d'être achevé au temps du premier humanisme, il s'inscrivait déjà dans la dynamique qui allait conduire la civilisation européenne et la philosophie occidentale vers ce moment où l'homme ne sortirait pas seulement de la minorité, mais encore, et surtout, accéderait à lui-même.

- VRAIMENT ! VRAIMENT ! s'exclame avec vivacité le jeune invité.
Vous saluez l'homme libre sorti de sa minorité, maître de lui-même ? Pour les penseurs de votre monde que vous citez, cela apparaît plutôt comme une farce, une farce à faire rire. Voyez donc cet Homme-Elément de l'Histoire, des époques qui s'enchaînent, dites-vous, d'une manière continue, le passé comprenant pour ainsi dire la cause, la raison d'être du présent. C'est l'homme de Georg Wilhelm HEGEL.
Voyez donc l'Homme-Outil dans un monde de production intense, c'est celui de Karl MARX ! Et l'Homme-Pulsion des désirs insatisfaits, torturé par l'ennui, celui d'Arthur SCHOPENHAUER ? ? Et ,enfin, l'Homme-Aristocrate, casseur des idoles, l'Homme-Pouvoir du soi sanctifié. C'est l'homme de Friedrich NIETZSCHE !
Votre LIBERTE, c'est l'extase de la suprématie de l'Histoire, des Choses, des êtres de Pouvoir ! Voilà votre liberté ! Voilà le progrès d'une modernité qui détruit la nature, qui assujettit l'être au silence et à la mort !
- NON, non, Giovanni ! Arrête Giovanni ! lance l'auteur dans un tumulte général et un débordement incontrôlé au milieu duquel se perdent les dernières parole de Giovanni de la Mirandole.
- Je vous le dis, l'homme divin n'existe plus. Il doit se recréer de lui-même, s'afficher par décision de son esprit !


PARTIE III:

# - Une attente qui paraît infinie s'installe subitement entre les rangées du forum. Comme une vaste incertitude ! Comme un interminable champ d'interrogations, de plus en plus bruyant autour d'une grande cour d'école plongée dans un chamaillis inextricable. Comme une ERREUR incompréhensible ! L'homme divin n'existe plus, il n'existe plus ! Son corps solide, son regard tout en lumière, Jean Pic de la Mirandole retient sa conviction au bout de son bras, interrompu amicalement par l'auteur de La Plus Belle Histoire de la Philosophie.
- Ecoute Giovanni, écoute Giovanni ! Tu as peut être raison. C'est de toi-même que tu dois tirer ton autorité. Ce que tu appelles l'homme divin n'est sans doute pas mort. A présent nous rentrons dans une nouvelle époque. Je veux dire - la cinquième époque de la philosophie qui va plus loin que celle de la déconstruction qui la précédait : tout en souscrivant assez largement à sa remise en cause des valeurs réputées supérieures et extérieures à nous, elle découvre, en allant au bout de ce mouvement, une nouvelle forme de transcendance, cette fois située de part en part à l'intérieur de notre expérience terrestre grâce à laquelle nous allons pouvoir refondre des idéaux communs mais qui ne seront plus instaurés contre la vie.
Je veux dire la transcendance sans Dieu.

- Oh, la belle impertinence ! s'écrie le jeune homme. Disons plutôt une nouvelle époque, celle du mal-faire, celle du mal-être, celle du mal-sublimé ou du mal-destructeur.

- Ne concluons pas si vite ! Il est vrai, - pour la première fois dans son histoire la science fournit à l'espèce humaine les moyens de sa propre destruction. Cela, bien entendu, vaut non seulement pour les risques engendrés à l'intérieur des sociétés modernes par l'usage industriel des nouvelles technologies, mais aussi pour les risques qui subviendraient de leur utilisation par d'autres que nous. Si le terrorisme inquiète davantage aujourd'hui qu'hier, c'est aussi parce que nous avons pris conscience qu'il peut désormais, ou pourra bientôt, se doter d'armes chimiques, vire nucléaires redoutables. Le contrôle des usages et des effets de la science moderne nous échappe et sa puissance débridée inquiète.

Syrie__012_.jpg

Au milieu des spectateurs une voix de femme interpelle vivement l'orateur qui se retourne vers elle.
- Voyez donc, Monsieur le Philosophe ! Pendant que les diplomates se leurrent dans leurs fauteuils douillets la pieuvre noire étend ses tentacules visqueux dans les couloirs de la mort. Giovanni, n'a-t-il pas raison ? L'orgueil règne. Des cerveaux malfaisants gouvernent, des maîtres envieux nous entourent. L'argent conduit des milliers d'esclaves. Voyez donc ! Voyez donc !
- Sans doute, sans doute ! Mais une nouvelle révolution a transformé nos existences ou va la transformer de plus en plus. C'est la révolution de l'amour.
Cette révolution silencieuse, mais d'une profondeur abyssale, apporte un nouveau principe de sens, qui nous rend infiniment précieuses des dimensions humaines jusque-là négligées. . . Nous en venons maintenant à ce que je considère comme ma propre philosophie qui est liée à cette cinquième époque de la pensée, celle que nous sommes en train de vivre et que j'ai appelé - le deuxième humanisme - ou, si vous voulez, l'Humanisme de l'Amour.
- Oh, mon cher ami, mon cher ami, mon cher Luc !

L'écrivain de la philosophie, ministre d'une présidence, voit surgir de la foule un être tout frêle, tout fragile, amaigri, sa coiffure reserrée dans une étoffe blanche. Il reconnaît aussitôt celle pour laquelle, disait-il, il avait une immense affection, Soeur Emmanuelle . Elle le fixe dans son regard lumineux.
- Oh, tu as raison mon cher Luc. C'est cela ! Le monde doit se remplir d'amour, mais de cet amour gratuit qui se réjouit de la simple existence de l'autre ou, ce que tu appelles l'amour agapè, qui donne sans rien attendre de l'autre. Tu dis bien quand tu rappelles qu'il est bon d'agir de telle sorte que la maxime de ton action puisse être appliquée à ceux que tu aimes le plus.

GIOVANNI sourit en face d'un public étonné. Une moue coquine traverse son visage calme et son langage posé.
- Voyez vous ça ! Voilà votre belle Modernité qui flirte avec notre Modernité du passé. Plutôt amusant ! J'adhère ! Mais vite il est temps de refaire le monde tous ensemble.. Je vois des jeunes, des enfants qui pleurent derrière les montagnes et qui ont peur.

G.K. - Strasbourg, Novembre 014 .

dimanche 20 octobre 2013

LE MONDE COMME IL ME PARLE - KERSAUSON

Livre - Le Monde comme il me parle - Olivier de Kersauson



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En mer, je retrouve ma langue naturelle :
LE SILENCE












Trimaran .jpg

On se glisse subrepticement sur son trimaran gigantesque, toutes voiles dehors, en mer vers les Açores ou le Détroit de Magellan, Tuamotu, vers le bout des mondes inconnus. Non pas pour un voyage touristique pour l'observation des merveilleux dauphins, des superbes baleines ou des poissons phosphorescents dans les eaux d'azur. Le capitaine est là, il veille à l'étrave de son bateau, à l'étrave de sa vie, toutes voiles au raz des flots. C'est une visite d'accueil longuement préparée après des mois passés sur tous les océans. Et c'est un honneur, une grande satisfaction d'être accueilli par Olivier de Kersauson qui se dénude avec pudeur dans son carnet de bord, mais aussi sans complaisances avec sa rage d'exister.

En mer, je retrouve ma langue naturelle: le SILENCE. Pourtant mille questions remontent dans le creux des vagues, mille interrogations. Mille curiosités envahissent un intrus bien dérangeant. Mais le commandant a la nostalgie de l'homme seul. Ce n'est qu'un MONSTRE au crâne reptilien qui ne cherche qu'à s'évader, à ramper sur les vagues du monde tel un nomade exaltè par la découverte toujours ailleurs vers son ESSENTIEL.' Alors, s'il-vous-plaît, pas de commentaires d'experts snobinards, pas de gesticulions inutiles. Voile multicoque .jpg Rien que le respect silencieux pour un navigateur hors-normes sans cesse à la conquête de son capital temps, à fouiller le monde de tous les côtés comme un nomade clandestin. Rien , pour nous, que la force du courage,l'intelligence lucide pour s'agripper sans faiblesses à la houle montante, démesurée qui emporte avec elle les cris d'un homme passionné car, dit-il, Il ne s'agit pas d'avoir, il s'agit d'être. Et précipitamment la tempête se déchaîne, des vagues successives s'écrasent sur l'être avec une force impitoyable et vous vous retrouvez minuscule bouchon sur l'immensité des eaux dans un monde qui parle, qui hurle.
On est toujours en danger avec des cons. - - Le confort, c'est la vulgarité. - - Les bourgeois, eux, ne s'intéressent qu'à l'argent. - - Penser comme un contemporain par effet de mode, c'est une insulte générale à l'intelligence de l'espèce. - - Se glorifier de son savoir c'est ridicule.

C'est l'ouragan, la tornade, les tornades qui vous jettent vers l'essentiel, sur la plage de votre conscience, de votre IGNORANCE, en face d'un contemporain attendri écoutant la musique qui appartient au décor, qui vous regarde affectueusement et poursuit
JE N'AI PAS D'ILLUSIONS SUR CE QUE NOUS SOMMES.
Olivier de Kersauson,, tout à coup, reprend le large, s'éloigne pour écouter encore parler le monde, à rechercher pour les autres ses heures de lumière.

G. Kautzmann - Strasbourg le 20/10/013
Questions soulevées par le navigateur à revoir prochainement: L'ECOLE - LE SAVOIR - L'ARCHITECTURE

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